Grounded

Publié le par Yan

Je viens de voir Tangled, alias Rapunzel, dernier né -et cinquantième du nom- des studios Disney. Et c'est ma foi fort bien. Enfin, la plupart du temps.

 

 

 

 

Cette charmante petite chose, vendu à grands coups de featurettes plus ou moins parodiques et de campagne de pub sur "le retour du style Disney avec des princesses et des chansons" (ah non, pardon, ça c'était les Grenouilles, je mélange). 'fin bref, ça se vendait bien et les extraits/bandes annonces/fausses pubs qui envahissaient le net, en plus d'être jolies et bien foutues, donnaient vraiment envie d'aller voir le machin.

Le fait accompli, un large sentiment de "mouais" pas completement satisfait s'empare du pourtant grand amateur de Disneyteries mieleuses que je suis. Tangled est un film d'aventure débridé, une amourette ratée et une fade comédie musicale à la fois.

 

Procédons dans l'ordre et commençons par le film d'aventure : un bandit dragueur tombe sur une jolie princesse qui n'a jamais vu le monde et l'emmène en balade. Evidemment, le bandit étant ce qu'il est, pépète se retrouve très vite prise au milieu des poursuites, et s'en sort fort admirablement. Et c'est là la grande force du film. A l'image de la débrouillarde cuisinière de La Princesse et la Grenouille, Rapunzel, toute de magie vêtue, est une princesse forte en gueule et particulièrement efficace dans le feu de l'action (merci cheveux enchantés). Face à elle, Flynn est une parodie modernisée d'Erol, avec lequel il partage le patronyme -ce qui n'est, evidemment, pas hasardeux. Ce qui l'est plus, c'est l'enchevêtrement des péripéties. "Débridé", disais-je plus haut. Tangled souffre d'un gros et épineux problème de rythme, principalement à cause des deux points suivants.

 

D'abord, la bluette. On le savait avant même le début du film, Rapunzel et Flynn étaient fait pour tomber amoureux. Au début, la chose passe d'ailleurs fort bien, principalement par l'absolue méconnaissance des principes de civilité de la petite princesse et le côté pince sans rire du voleur. Le problème, c'est qu'une fois les présentations faites, il faut faire avancer le machin. Certes, Pascal le caméléon ajoute une touche extremement fun au relationel des deux héros, mais une bestiole hyperexressive n'a jamais réussi à faire avaler des dialogues aussi patauds et des situations aussi convenues. Pas mauvaises en soi, les scènes destinées à monter l'amourette des deux aventuriers sont juste d'une infinie platitude, et s'empare du spectateur une infinie lassitude.

 

D'autant plus que s'ils ne courent pas dans la forêt (ce qui réprésente heureusement 75% du film) ni ne papotent comme deux collégiens au clair de lune, ils chantent. Et là est LE gros point noir du film. C'est un Disney, j'attendais des chansons qui marquent, surtout après le shot impayable de jazz New Orleans des Grenouilles. Pas de bol, Tangled est peuplé de chansons d'une fadesse à faire frêmir même un fan d'Emmanuel Moir. Aucun rythme, aucun refrain ne vous trottera en tête au sortir du film. Les chansons sont juste mauvaises.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/78/47/32/19589898.jpgLes interventions de Pascal, c'est un peu comme si la voix du spectateur passait dans le film.

 

Reste alors, pour rattraper la sauce et tenter de sauver Tangled de la tiède sécurité du "succès automatique sans se fouler" made in Disney, une technique absolument irréprochable. Le character design, classique au demeurant, est extremement solide. Difficile de ne pas fondre devant Pascal (surtout lorsqu'il est secondé par Maximus) ou d'imiter les mimique des deux héros, particulièrement expressifs (les moues de Rapunzel m'ont parfois rappellé Kim Possible, et vous savez comme j'aime Kim Possible). Certains gags en prennent d'ailleurs des accents TexAveryiens bienvenus (pis le running gag de la poele, j'aime). Notez que pour seconder ces palettes d'expressions XXL, les dialoguistes, pourtant en sérieux manque d'inspiration du côté romantique, nous gratifient d'une quantité astronomique de punchlines délirantes délivrées avec conviction (le doublage, comme toujours chez Disney, nous éparge les noms trop ronflants).

Côté décors, ce petit monde très coloré est réhaussé par des effets de textures saisissants et une physique particulièrement dynamique. S'il y a bien une chose qu'on ne peut reprocher à Tangled, c'est la qualité de sa réalisation.

 

Ceci étant dit, il me faut ajouter une chose : là où bandes annonces et featurettes du web vendaient un côté drôlement subversif, le film, lui, verse parfois littéralement dans l'auto-parodie. Les voix-off (car il il s'agit d'un récit encadré) sont ainsi les premières à rire de l'histoire qu'elles nous racontent (allant jusqu'à moquer le "happily ever after") et un nombre incalculable de clin d'oeils à destination du public sont planquées dans les décors voire les personnages (notament Pascal et la bande de bandits). Une valeur ajoutée non négligeable quand on a passé l'âge de prendre l'histoire au premier degré.

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/78/47/32/19589888.jpg

Gothel, une méchante bien vicieuse et un grand coup de pompe aux marâtres "à l'ancienne".

Finalement, j'aime bien ce Tangled, dont j'attendais sans doute beaucoup trop (la faute aux pubs délirantes et surtout à la grande qualité des Grenouilles de l'année d'avant). Un petit conte Disney modernisé, famillial et sympathique, sans grand relief mais plein de bonnes idées et parvenant sans mal à conserver les "qualités Disney", à savoir des personnages attachants et une technique à vous exploser la rétine. Blu-Ray et télé géante obligatoires, les enfants, cette charmante chose se savoure en HD. t

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Publié dans Cinémascope

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